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Mis au point au Québec, le Processus de domination conjugale (PDC) est une grille d’analyse des mécanismes de violence conjugale qui permet à des associations d’accueil de femmes victimes de violence conjugale et à des services d’aide aux auteurs de violence de travailler en concertation de manière à repérer et à prévenir les situations dangereuses au sein des familles.

Un modèle venu du Québec

Le Processus de domination conjugale (PDC) a été mis au point au Québec par Denise Tremblay, directrice d’une maison d’accueil pour femmes victimes de violence conjugale et Robert Ayotte, directeur d’un service d’aide aux auteurs de violence conjugale.

L’objectif principal du PDC est d’assurer la sécurité des victimes d’abord, mais aussi des autres membres des familles touchées par la violence conjugale ou intra-familiale.

Dans le processus de domination conjugale, ni l’auteur, ni la victime ne sont considérés comme passifs. Ils participent tous deux à la dynamique conjugale.

Et ils ne sont pas les seuls. Le positionnement, ou non, du réseau de protection sociale est lui aussi considéré comme déterminant pour la sécurité des personnes.

L’outil met en lumière des mécanismes entre victime et auteur de violence conjugale qui éclairent à leur tour la sévérité des situations, leur degré de dangerosité. Et par conséquent permettent autant que faire se peut de mesurer l’urgence de l’intervention.

Stratégie de contrôle, d’une part, positionnement de protection, de l’autre, tant l’auteur que la victime « co-apprennent », la domination pour l’un, la victimisation pour l’autre.

Cette grille de lecture affine les modèles bien connus du cycle et de l’escalade de la violence. Il permet d’appréhender la dynamique interactive et systémique des violences pour mieux comprendre son processus progressif.

L’utilisation de ce modèle dans les pratiques intersectorielles doit nous permettre de mieux évaluer la sécurité des victimes pour mieux orienter nos interventions vers celles-ci.

La coopération intersectorielle en Wallonie

Le travail initié au Québec par Mme Tremblay et M. Ayotte a montré la voie de la coopération intersectorielle d’abord à Liège, puis dans l’ensemble de la Wallonie. Depuis 2005, le CVFE coopère avec Praxis, association spécialisée dans la responsabilisation des auteurs de violence conjugale, dans le but de décloisonner leurs interventions respectives. Ensuite, l’association « Solidarités-Femmes et refuge pour femmes battues » de La Louvière a entamé également une coopération avec l’antenne du Hainaut de Praxis.

Avec l’aide du Service public de Wallonie, ces trois associations ont mis en place deux « Pôles de ressources spécialisées en violences conjugales et intra-familiales » qui proposent plusieurs modules de sensibilisation et de formation aux professionnels confrontés à des manifestations de violence conjugale dans le cadre de leur travail.