oranger le mondePour marquer la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes le 25 novembre, l'ONU  invite à oranger le monde. La date du 25 novembre remet en mémoire le jour de l'assassinat en 1960 des trois sœurs Mirabal, militantes politiques de République dominicaine (Saint-Domingue).

La couleur orange ayant été choisie comme emblème, partout dans le monde, des bâtiments publics sont illuminés en orange pendant la période de la campagne qui proclame que les violences contre les femmes sont des violations des droits de l’homme. Les violences et les inégalités perdurent et font obstacle aux droits des femmes : droit à l'éducation, à la santé, à une vie digne, à la paix, à la sécurité.Palais de la Paix

Au niveau mondial, les violences envers les femmes constituent un immense fléau qui prend plusieurs formes : violences physiques, sexuelles, psychologiques, viols, traite des êtres humains, exploitation sexuelle, mutilations génitales, mariages forcés, mariages d’enfants…

La campagne se déroule du 25 novembre jusqu'au 10 décembre, qui est la Journée des Droits de l'homme . Durant cette période aussi, le 6 décembre commémore le massacre de 14 étudiantes, qui a été commis par un masculiniste armé d'un fusil mitrailleur en 1989 à l'Ecole Polytechnique de l'Université de Montréal. Cet événement dramatique a déclenché la campagne du rubanc blancLe Ruban blanc

L'homme qui porte le ruban blanc veut exprimer qu'il condamne la violence masculine à l'égard des femmes et s'engage à la dénoncer au cas où il en serait témoin. Province et Ville de Liège se mobilisent chaque année pour la campagne du ruban blanc Plus d'info.

Précarité et violences économiques

Enfin, on n’insistera jamais assez sur le fait que les femmes sont systématiquement les premières victimes de toutes les crises, notamment économiques, et des politiques d’austérité qui leur succèdent. Les violences économiques envers les femmes sont aussi le fait des Gouvernements qui ne leur assurent pas une protection sociale suffisante ni l'accès à des emplois convenables. Pauvreté pour elles et pour leurs enfants, précarité sociale, discriminations professionnelles et de genre, mal-logement constituent le quotidien de nombreuses femmes. Plusieurs de nos analyses d'éducation permanente publiées en 2016 font le lien entre les poltiques néolibérales, la  précarité et les violences envers les femmes:

Femmes et précarité en contexte néolibéral

Précarité dans la relation conjugale

Grèves, médias et politiques d'austérité, reparler de tout ce qui précarise les femmes

2016, année du sexisme triomphant

ONU-femmes témoigne du fait que la violence à l'égard des femmes et des filles, qui touche une femme sur trois dans le monde, détruit les vies, cause des souffrances indicibles et des maladies et représente un coût considérable pour l'économie. Et pourtant, un financement solide des efforts entrepris pour mettre fin à cette violence demeure notoirement insuffisant.

La violence à l'égard des femmes et des filles, qui touche une femme sur trois dans le monde, détruit les vies, cause des souffrances indicibles et des maladies et représente un coût considérable pour l'économie. Et pourtant, un financement solide des efforts entrepris pour mettre fin à cette violence demeure notoirement insuffisant. - See more at: http://www.unwomen.org/fr#sthash.60u2imMW.dpuf
La violence à l'égard des femmes et des filles, qui touche une femme sur trois dans le monde, détruit les vies, cause des souffrances indicibles et des maladies et représente un coût considérable pour l'économie. Et pourtant, un financement solide des efforts entrepris pour mettre fin à cette violence demeure notoirement insuffisant. - See more at: http://www.unwomen.org/fr#sthash.60u2imMW.dpuf

 

La violence à l'égard des femmes et des filles, qui touche une femme sur trois dans le monde, détruit les vies, cause des souffrances indicibles et des maladies et représente un coût considérable pour l'économie. Et pourtant, un financement solide des efforts entrepris pour mettre fin à cette violence demeure notoirement insuffisant. - See more at: http://www.unwomen.org/fr#sthash.60u2imMW.dpuf

 

 

Par Anne Delepine
Date: 24/11/2016 à 13:56

Affiche campagneEn prélude à la journée du 25 novembre, Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les Ministres francophones chargées de l’Egalité des Chances, Isabelle Simonis (FWB), Céline Frémault (Cocof) et Dorothée Klein, représentant le Ministre Maxime Prévot (RW) ont organisé ce lundi 21 novembre à Bruxelles une conférence de presse annonçant le lancement de la campagne annuelle de sensibilisation relative à la lutte contre les violences conjugales

Sensibiliser à la réalité des violences conjugales

Le Journal de Marie nous livre les pensées quotidiennes d’une victime, Marie. Elle confie à son journal intime ses émotions, ses questionnements, son ressenti face aux événements du quotidien déclenchés par les comportements violents de son compagnon, Fred. Soumise à une tension permanente et à des explosions imprévisibles, elle ressent un malaise qui s’exprime par de la culpabilité et l’idée fausse que c’est elle qui provoque ce qui se passe. Paroles dénigrantes, bris d’objets, gestes menaçants, mécontentement perpétuel exprimé par Fred persistent malgré les tentatives de Marie qui cherche en vain comment se comporter de façon plus adéquate. Fred contrôle les faits et gestes de sa compagne, l’isole du monde extérieur et fait intrusion dans son intimité, jusqu’à détruire le fameux journal. A la fin, Marie décide de se séparer de Fred.

Le journal de Marie se lit sur le site internet de la campagne.

En 2011 et en 2012, les personnages de Fred et Marie avaient pris vie dans des spots de sensibilisation qui ont rencontré un grand succès, puisqu’ils ont été visionnés deux millions de fois sur YouTube et ont inspiré des campagnes similaires à l’étranger.

Il est important d’expliquer ce qu’est la violence conjugale. La diffusion de ces spots y contribue. Le message principal est que rien ne justifie la violence conjugale. Les femmes doivent savoir qu’elles ne sont pas seules et qu’elles peuvent recevoir de l’aide, des conseils, une écoute.

Apporter des réponses adaptées aux demandes d'aide

La campagne diffuse le numéro de la Ligne d’écoute Violences Conjugales : 0800 30.030. Cette ligne est gratuite, elle s’adresse aux victimes, aux auteurs de violence, aux professionnels, à l’entourage. Ces deux actions -sensibilisation et ligne d’écoute- font partie du Plan d’action Intrafrancophone de lutte contre les violences sexistes et intrafamiliales que les pouvoirs publics se sont engagés à réaliser pendant la législature 2014-2019. La ligne téléphonique est accessible du lundi au vendredi de 9h à 19h. Ce n’est pas une ligne d’urgence. Ce service constitue un des premiers maillons de la chaîne d’intervention en matière de violences entre partenaires.

Ce sont en grande majorité des femmes victimes de violences qui y ont recours. Lors des campagnes de sensibilisation, le nombre d’appels augmente fortement. Cela démontre l’impact positif des actions de sensibilisation et l’importance de les mener régulièrement, pour que les victimes sortent du silence. Mais cela souligne aussi la nécessité impérieuse d’apporter des réponses adéquates, permanentes, adaptées, accessibles, coordonnées et en nombre suffisant en parallèle à ces campagnes, pour que les victimes qui prennent le risque de dévoiler les violences qu'elles subissent ne se heurtent plus à des portes fermées.

Ce sont les associations spécialisées qui assurent une part essentielle des services d’aide : Ligne d’écoute, Maisons d’hébergement, Centres d’accompagnement et de consultations psychosociales et juridiques, formation des professionnels de premières lignes, groupes d’entraide et d’éducation permanente pour les femmes, groupes de responsabilisation pour les auteurs de violences conjugales, etc. sont portés par des associations subsidiées.

Les trois Ministres de l’Egalité des Chances ont déclaré que la pérennisation des moyens et la reconnaissance des associations spécialisées dans la lutte contre les violences conjugales font partie de leurs priorités. Les trois Ministres ont pris des engagements à ce sujet en lien avec leurs compétences respectives.

Deux périodes de diffusion de la campagne

La campagne de sensibilisation se déroule du 21 novembre au 4 décembre, le 25 novembre étant la date anniversaire de l’assassinat des trois sœurs Mirabal, militantes politiques en République dominicaine. Une seconde période de diffusion est prévue du 6 mars au 12 mars 2017, le 8 mars étant la journée internationale des droits des femmes.

Outre le site internet, un spot vidéo qui sera diffusé sur les chaines de télévision et des spots audio qui seront diffusés à la radio, la campagne de sensibilisation met à disposition des organisations et du public des affiches, des badges, des cartes de visites à distribuer le plus largement possible…

Par Anne Delepine
Date: 21/11/2016 à 21:52

Les Batelières de l'espoir vous invitent à visiter l’exposition et participer avec elles à une rencontre, où l’espoir  a toute sa place, sur le thème : comment sortir de l’enfer des violences conjugales et intrafamiliales.

Plus d'informations dans l'invitation ci-dessous

Par Mélissa Vicenzot
Date: 18/11/2016 à 11:21

Le CVFE partage l'analyse des FPS et de Vie féminine concernant l'impact négatif sur les femmes de la récente Déclaration de politique générale du gouvernement

"Les femmes représentent la moitié de la population soit une personne sur deux. Mais une fois de plus, nous représentons aussi la moitié dérisoire sur laquelle le gouvernement Michel a décidé de faire peser une Affiche FPSbonne partie de ses mesures d’austérité. Car si nous avons pu croire un moment que les femmes étaient juste les victimes collatérales d’une politique d’économie généralisée, force est de constater que nous sommes belles et bien des cibles de choix."

Lire le communiqué commun Vie Féminine-FPS

Par René Begon
Date: 20/10/2016 à 11:38

Précarité, pauvreté, logement : des thèmes qui mobilisent le CVFE dans son combat aux côtés des femmes maltraitées, dans un contexte où la précarisation touche de plein fouet et de façon disproportionnée les femmes et en particulier les mères de familles monoparentales.

L’événement du 17 octobre

La ‘journée mondiale du refus de la misère’, c’est le 17 octobre. Elle a été initiée en France en 1987 par le Père Joseph Wresinski, fondateur du mouvement des droits de l’homme ATD-Quart monde, heurté par les conditions de logement misérables et la pauvreté dans laquelle vivaient de nombreuses familles qu’il fréquentait à Paris. A son appel, plusieurs milliers de personnes de tous milieux se sont rassemblées sur le Parvis des Droits de l'Homme le 17 octobre 1987. Cette journée est officiellement reconnue par l’ONU depuis 1992, qui l’a intitulée ‘journée internationale pour l’élimination de la pauvreté’, invitant responsables et pouvoirs publics à se mobiliser pour cet objectif.

‘La misère est violence’. ‘La misère n’est pas fatale’. ‘Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré’.

Plus d'info sur la "Journée mondiale"

Regards sur le mal-logement en 2016 dans les pays d’Europe

L’accès à un logement décent constitue un droit fondamental, essentiel pour mener une vie digne. Le logement, c’est plus qu’un toit et des murs. C’est une base dans le parcours de reconquête d’un pouvoir d’agir et d’une estime d’elles-mêmes par les femmes et leurs enfants qui sont hébergés temporairement au Refuge. C’est une condition de possibilité pour l’accès à d’autres droits.

Lire aussi notre étude CVFE :  Accès au logement, capabilités et empowerment des femmes victimes de violence conjugale (2013)

Sur cette question du mal-logement, la Fondation Abbé Pierre et la Feantsa  (Fédération d’ONG qui porte la problématique du sans-abrisme au niveau européen) ont publié ensemble en novembre 2015 une première brochure intitulée REGARDS SUR LE MAL-LOGEMENT EN EUROPE, basée sur des statistiques disponibles au niveau européen (téléchargeable sur la page d'accueil du site).

Les deux organisations ont décidé de mettre à jour annuellement cet ‘index européen du mal-logement’, dont l’objectif est de donner à voir comment la question du logement et du mal-logement se pose et évolue aujourd’hui dans les Etats membres.

L’index 2016 dénonce notamment le fait que

- 11,5% de la population totale en Europe est en ‘taux d’effort excessif’ en matière de logement et ce taux s’élève à 40% pour les ménages pauvres. L’expression ‘taux d’effort excessif’ signifie que les coûts totaux liés au logement représentent plus de 40% du revenu disponible.

- 5% de la population européenne subit une ‘privation sévère liée au logement’. Cela veut dire que le logement est surpeuplé et ne garantit pas la santé des occupants : un toit qui fuit, des murs/des sols/des fondations attaqués par l’humidité, des moisissures dans les cadres de fenêtres ou dans les sols ; pas de baignoire ou de douche dans le logement et pas de toilettes intérieures pour le seul usage du ménage ; logement trop sombre.

- La capacité à tenir son logement à température adéquate est aussi une difficulté grandissante dans 15 pays européens.

- Le mal-logement affecte en priorité les jeunes, dont les droits aux prestations sociales sont de plus en plus limités partout.

- Dans les statistiques utilisées, les catégories définies sans autre précision ‘jeunes’, ‘ménages’, ‘personnes âgées’ ne permettent pas de différencier les données selon le sexe. Tout au plus peut-on mettre en relation le mal logement avec d’autres statistiques bien connues : les revenus des femmes sont plus faibles que ceux des hommes (de l’ordre de 25% en moyenne en Europe), il y a une majorité de femmes à la tête de familles monoparentales, les enfants vivent plus souvent avec la mère en cas de séparation et les personnes dépendantes sont plus souvent à charge des femmes. Le fait d’être une femme est donc considéré comme un facteur aggravant : les femmes sont considérablement plus exposées que les hommes aux difficultés de logement liées à un taux d’effort excessif.

- Cependant, cherchant à comparer le mal logement selon qu’on est un homme ou une femme en dehors de tout autre facteur explicatif, l’index met en place un indicateur qui compare la situation d’une femme et d’un homme vivant à niveau de pauvreté égale : l’insalubrité apparaît alors comme ‘une affaire tendanciellement masculine’ et le surpeuplement du logement concerne les deux sexes de manière équivalente. Nous émettons une réserve sur cet indicateur : en isolant le facteur ‘genre’ pour expliquer les inégalités face au logement en raison de l’appartenance à un sexe, est-ce essentialiser le concept de genre ?

L’index du mal logement en Europe invite à considérer deux problématiques qui devraient être des priorités pour les Etats membres et pour l’Union Européenne, au vu de leurs engagements dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale : les Européens, en particulier ceux qui sont pauvres, devraient pouvoir trouver un logement digne et abordable. Des solutions pour faire concorder le stock et la demande de logements devraient être mises en avant. De nombreuses alternatives de logement abordable peuvent être suggérées à cet égard, comme la réutilisation des logements vacants.

La publication de l’index annuel s’assortit d’une fiche statistique par pays , où, pour onze indicateurs, sa situation est comparée à la moyenne des autres pays. Un palmarès européen du mal logement est établi à partir de cinq indicateurs qui concernent le coût, la qualité et les conditions d’occupation du logement. La Belgique se retrouve en 5ème position dans le palmarès, elle a progressé de 2 places en un an.

Ses plus mauvais scores par rapport à la moyenne des 28 pays correspondent aux indicateurs suivants :

- L’effet de genre, soit le risque pour les femmes de connaître une privation sévère de logement par rapport aux hommes (25è).

- L’effet de l’âge ‘vieillissement’, soit le risque pour les personnes de plus de 65 ans de connaître une privation sévère de logement (21è).

- 10,4% de la population sont en ‘taux d’effort excessif’ (plus de 40% des revenus consacrés au logement – 18è), ce taux devient alarmant pour les ménages pauvres (42,6% - 23è).

- Les arriérés de loyers ou de remboursement d’emprunts immobiliers (13è)

- L’incapacité à conserver une température adéquate au logement (9è)

La Belgique obtient de bons scores dans les indicateurs suivants :

- Le surpeuplement du logement (1er)

- La privation sévère en matière de logement (3è)

- L’effet d’âge ‘jeunesse’, soit le risque pour les jeunes (20-29 ans) de connaître une privation sévère de logement (4è)

"En Belgique, l'exposition des ménages pauvres sur le marché du logement est l'un des plus élevés d'Europe: 55,8% des pauvres sont soit des locataires sur le marché privé ou avec des hypothèques à payer. Les ménages pauvres sur le marché locatif privé ont augmenté de 14,7% entre 2007 et 2014, ce qui montre que les pauvres sont de plus en plus exposés aux fluctuations du marché du logement. Cela met en évidence le besoin urgent d'une approche stratégique de l'offre et l'accessibilité du logement.

En ce qui concerne les autres pays de l'UE, le Luxembourg est en haut du tableau, mais sa performance est en partie expliquée par l’installation des ménages les plus pauvres de l'autre côté des frontières en Belgique et en France. Les pays nordiques ont une bonne position dans le classement, en raison de politiques traditionnelles de l'État providence et de normes culturelles et juridiques bénéfiques.La Finlande (3è) n'a pas seulement des politiques qui fonctionnent bien, mais au cours des dix dernières années, le pays s’est engagé dans une stratégie d'évaluation permanente pour améliorer l'efficacité de ses politiques. L’Irlande (2e) a réalisé un bond spectaculaire dans le classement, à la suite de sa reprise économique rapide après une chute des prix de l'immobilier et une vague de révision à la baisse du nombre de prêts bancaires. Le Royaume-Uni a fortement baissé dans le classement (20e, une chute de huit places), principalement en raison des compressions budgétaires des allocations de logement. Les Pays-Bas (7è) ont chuté de quatre places, une baisse expliquée en partie par le resserrement de la politique du logement social. La Grèce vient en dernière position, ayant été confrontée à une situation apocalyptique avec 95% de ménages pauvres (en dessous de 60% du revenu médian) en taux d’effort excessif en matière de logement. Cela décrit une situation où presque toutes les personnes pauvres voient leur stabilité et leur bien-être mis en danger par les dépenses liées au logement. En Grèce, comme dans les autres pays ayant subi les mesures d’austérité imposées par la Troïka, les coûts et les conditions de logement continuent d’empirer, et le droit au logement des populations continue d’être violé. Les différences entre les pays de l’Est et de l’Ouest européens s’expliquent principalement par le fait que la suroccupation est toujours un enjeu majeur en Hongrie, Croatie, Bulgarie, Pologne et Roumanie, où plus de 40% de la population totale vivent dans des logements surpeuplés.» (Cf. communiqué de presse de la Feantsa).

Par Anne Delepine
Date: 16/10/2016 à 22:56