Faites vos bagages et embarquez avec nous pour un été en mode solidarité !

Au programme : Des activités gratuites par des femmes pour des femmes

Destination : Créativité, réflexion autour de nos utopies, balade, autodéfense, troc, cinéclub, ateliers d'écriture, création de bijoux, badges et tee-shirts, et bien plus encore...

 

11 rue Maghin- 4000 Liège

Inscriptions au 04/ 223 68 18 ou 0471/ 600 848 ou sur educperm [at] cvfe [dot] be

Par Héloïse Husquinet
Date: 26/06/2017 à 14:07

Ce mercredi 31 mai, le CVFE, en partenariat avec le planning familial « La Famille Heureuse », organisait un événement à la cité Miroir autour du slut-shaming. Retour sur cet après-midi exceptionnel… 

Le slut-shaming, c'est quoi? 

Le slut-shaming, c’est une forme de harcèlement moral à caractère sexuel qui consiste à humilier les femmes et les filles qui ne répondent pas aux normes qui sont attendues d’elles.
C’est une violence de genre et un outil sexiste de stigmatisation qui s’exerce aussi bien dans les milieux scolaires, parascolaires, milieux professionnels, que sur les réseaux sociaux.
Le slut-shaming donne lieu à des cas de harcèlement scolaire et de cyber harcèlement dont les jeunes filles sont les principales victimes.
Ce phénomène met en lumière les enjeux de la mixité dans les établissements scolaires et parascolaires mais questionne également les rapports hommes-femmes dans la société.

 

 Une capsule vidéo de sensibilisation 

Afin d’aider les professionnels qui abordent ce sujet avec le public, le CVFE a créé, en partenariat avec « La Famille Heureuse », a créé une capsule vidéo d’animation qui explique, en images et en mots, ce qu’est le slut-shaming, et la violence qu’il constitue malgré sa constante banalisation. Une des missions essentielle du CVFE est en effet de dénoncer, d’analyser et de lutter contre les violences sexistes : violences physiques, mais aussi symboliques, dont le slut-shaming fait partie. 

Le scénario de la vidéo a été conçu de manière à éviter tout manichéisme (on peut être auteur et victime de slutshaming à la fois), à représenter la diversité des situations, des rapports et des identités et à toucher un public jeune. 

Les réalisateurs ont aussi veillé ne pas utiliser, à travers cette dénonciation, des représentations qui véhiculeraient elles-mêmes des clichés.

Une discussion a été engagée entre les intervenantes et les personnes présentes dans la salle, abordant les atouts de la capsule vidéo, la difficulté de sensibiliser les jeunes au phénomène, et la place des hommes dans les initiatives féministes. 

 

La ministre des droits des femmes Isabelle Simonis, qui a soutenu l’initiative via un appel à projets sur le "droit à ne pas être stigmatisé", a également pris la parole et réaffirmé la nécessité de lutter contre les violences sexistes.

D'autres interventions se sont ensuite succédées sur les planches de la Cité Miroir pour aborder le phénomène du slut-shaming. La diversité des activités prévues a permis de varier les angles d’approche – théoriques, pragmatiques, artistiques – et d’apporter du dynamisme à l’événement.

Les croquis de l’illustratrice Manka, réalisés en direct tout au long de l’après-midi, ont égayé les activités de touches colorées et humoristiques.

 

Conférence de Coline de Senarclens 

 

Coline de Senarclens, militante féministe suisse, membre du mouvement Slutwalk Suisse (ou Marche des Salopes) et auteure – entre bien d’autres choses – de l’ouvrage Salope !, consacré au slut-shaming, a pris la parole. Son intervention a permis de définir plus précisément le slut-shaming et de le replacer dans le continuum des violences sexistes, en attirant l’attention sur les structures sociales et culturelles dans lequel il s’inscrit.

En voici un résumé :

Le terme « Slut-shaming » vient du mot slut, qui signifie « salope » en anglais et shaming, « l’action de faire honte ». Il renvoie à l’utilisation du concept de « salope » pour stigmatiser quelqu’un, et plus particulièrement une femme, à partir de son comportement sexuel, prêté ou avéré. Mais cette stigmatisation peut s'étendre à l’ensemble des comportements qui vont à l’encontre d’une vision traditionnelle des rôles et des comportements féminins. Cette violence sexuelle (la sexualité réelle ou fantasmée d’une personne est utilisée contre elle, pour la blesser) s’inscrit dans un continuum incluant le harcèlement, les attouchements, les violences et insultes sexistes et le viol. Ces violences sont généralement invisibilisées et banalisées (on parle de « culture du viol »). C’est pourquoi il est primordial de les dire, de les nommer. De déconstruire les discours qui tendent à les minimiser et d’étudier les mécanismes sociétaux qui les soutiennent. Appréhender ces violences dans une perspective de genre est dès lors essentiel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le genre, c’est un outil d’analyse, une grille de lecture, qui appréhende les pratiques liées au fait d’être homme ou femme et considère que ces rôles féminins ou masculins ne sont pas d’ordre naturel mais sont construits culturellement et socialement. D’où la célèbre phrase de Simone de Beauvoir « On ne nait pas femme, on le devient ».  

Les féministes appréhendent les relations de genre en les pensant en terme de rapports de pouvoir. Ces rapports de pouvoir s’inscrivent dans une structure sociale particulière, celle de la société patriarcale, postcoloniale et hétéro-sexiste dans laquelle certains individus tirent des privilèges de leur couleur de peau, de leur origine socio-économiques, de leur (identité de) genre et de leur orientation sexuelle. Les violences de genre et sexistes permettent de réaffirmer ces rapports de pouvoir, et les privilèges d’un groupe sur l’autre.

Notons que les rapports de pouvoirs fonctionnent par recoupements, notamment entre rapports de classe, de race, et de sexe (auxquels on pourrait ajouter l'orientation sexuelle ou encore l'âge). Ainsi, on parle de l’intersectionnalité des rapports de domination : un même individu peut être victime de plusieurs types de violence en même temps (à l’intersection de ces rapports de dominations/violences), qui se renforcent dès lors entre elles. D’où la nécessité de tenir compte de ces différents rapports de pouvoir pour les déconstruire ensemble.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le slutshaming réitère et confirme le rapport de pouvoir d’un sexe sur l’autre : la stigmatisation est une véritable prise de pouvoir sur le corps de l’autre. D’où l’importance de visibiliser ce phénomène, de le déconstruire et d’encourager les femmes à (re)découvrir et se réapproprier leur corps et leur sexualité. Cette réappropriation passe, notamment, par la réutilisation de l’insulte « salope » pour dénoncer les pratiques discriminatoires.

 "Nous sommes" : performance de slam et paroles de femmes 

L’après-midi s’est clôturée avec force et émotion, par une performance de slam. Une dizaine de femmes qui ont participé à un atelier d’écriture animé par la slameuse et poétesse Lisette Lombe au CVFE ont pris la parole et déclamé les textes qu’elles avaient composés autour de la thématique du slut-shaming ou, plus généralement, des violences faites aux femmes et de leur « être-femme ».

Des mots forts, des mots justes, bouleversants, drôles, ancrés, en chair et en os, qui ont provoqué une véritable onde de choc dans la salle et un tonnerre d’applaudissements.  

 

Un café féministe sur le double-standard (c'est-à-dire le fait qu'un même comportement soit perçu différemment selon qu'il est exercé par un homme ou par une femme) était également organisé avec Coline de Senarclens le soir au centre culturel Barricade ! 

 

 

 

 

 

Photographies : Centre d'Action Laïque de la Province de Liège 

Illustrations : Manka => manka.be // manka [at] hotmail [dot] be

Par Héloïse Husquinet
Date: 01/06/2017 à 15:39

Ce vendredi 12 mai, le CVFE vous propose un parcours  au 11, rue Maghin de 10h. à 12h.  L'occasion de découvrir tous nos services et de rencontrer nos équipes. Dans le cadre de la quinzaine des Maisons d'accueil et Services d'aide aux sans-abri, organisée par l'AMA. Bienvenue !

Par Anne Delepine
Date: 11/05/2017 à 07:05

Par les représentations qu’ils choisissent de véhiculer, les médias de masse jouent un rôle important dans le maintien ou non des stéréotypes de genre. Ils ont par conséquent un impact sur l’évolution des inégalités entre femmes et hommes et sur les violences qui en découlent. Or, nombre de journaux continuent à diffuser des stéréotypes sexistes ou racistes, à utiliser des informations non vérifiées, à encourager sensationnalisme, chantage à l'émotion ou démagogie pour attirer le lecteur. C'est pour questionner ces pratiques et, surtout, pour aider à la (re)constrution d'un journalisme plus juste et plus critique que l'Association Culturelle Joseph Jacquemotte a invité différents acteurs des milieux journalistique et associatif à prendre la parole lors d'une soirée organisée contre la "presse de caniveau" à la Maison du Livre le 4 mai prochain. Emilie de Dekker et Delphine Dessart porteront la voix du Collectif contre les Violences Familiales et l'Exclusionen se basant notamment sur une récente analyse écrite par Roger Herla, chercheur en éducation permanente, sur la presse misogyne et sexiste.

Le 4 mai 2017 à 19h à la Maison du Livre, Rue de Rome 24-28, 1060 Bruxelles 

Entrée gratuite 

Voir ici le programme de l'événement

Voir ici l'analyse "Sexisme dans la presse : analyser et dénoncer" du CVFE 

 

Par Héloïse Husquinet
Date: 26/04/2017 à 15:52