Dounia Tamara Awa 

     PREMIERE PROJECTION PUBLIQUE : LE MERCREDI 28 MARS À 10h AU CINÉMA LE SAUVENIERE

Film d’animation sur la violence conjugale et le regroupement familial produit par le Collectif contre les Violences Familiales et l’Exclusion (CVFE) avec des femmes anciennement hébergées dans le refuge, et Caméra Etc, avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Au départ, ce projet s’est inscrit dans la lignée d’un questionnement initié en 2014 et qui a débouché sur une étude d’éducation permanente « Violence conjugale et regroupement familial : des femmes se mobilisent pour une sensibilisation préventive ». Cette étude a été réalisée par Bijou Banza et Nadia Uwera, deux intervenantes du CVFE avec une vingtaine de femmes ayant été victimes de violences conjugales après leur arrivée sur le territoire belge.

Suite à cette étude, les auteures et les participantes ont souhaité traduire leurs conclusions en action en créant un outil audiovisuel. Le projet a pu compter sur la coopération, la créativité et l’implication de ces femmes.

Ce film d’animation raconte l’histoire de trois femmes, chacune ayant une histoire individuelle mais toutes plongées dans la même réalité.

Les dialogues sont exprimés dans un langage universel et les personnages filmés en ombre chinoise. 

Rien n’est montré, tout est suggéré avec finesse. Le film peut paraitre dur mais il est surtout juste et réaliste vis-à-vis des expériences vécues par les femmes concernées.

Trois buts sont visés :

  1. Conscientiser et rendre plus attentives les politiques belges à la double violence que vivent les victimes ;
  2. Conscientiser les professionnels sur les formes que peut prendre la violence conjugale en contexte migratoire et sur les droits dont bénéficient les victimes ;
  3. Sensibiliser les femmes dans leurs pays d’origine sur les réalités conjugales et migratoires.

Cette projection sera suivie par un débat animé par Nadia Uwera et Roger Herla, intervenant-es au CVFE.

Informations pratiques :

Quand ? Le mercredi 28 mars à 10h
Où ? Au cinéma le Sauvenière
Comment ? Entrée gratuite mais inscriptions souhaitées auprès de florianejammot [at] cvfe [dot] be

 

Affiche dounia tamara awa

 

Par Floriane Jammot
Date: 09/03/2018 à 12:24

Voici tout juste un an, depuis le 8 mars 2017, la Ligne @ecouteviolencesconjugalesbe est devenue accessible 24h/24 et 7 jours sur 7. Jusque-là, le 0800/30 030 était uniquement accessible les jours ouvrables, de 9 à 19 heures.

Ecoutez l'interview de nos collègues sur la RTBF ce matin.

C'est grâce à une collaboration entre les Pôles de ressources spécialisées en violences conjugales et intrafamiliales et la Fédération des Centres de Télé Accueil, qu'est assurée, via le 0800 30 030, une écoute téléphonique continue, anonyme et gratuite pour les personnes confrontées, à titre privé ou professionnel, directement ou indirectement, à des situations de violences entre partenaires. 4862 appels ont été pris en charge en 2017. Qui appelle la ligne ? Les victimes de violences, des femmes à plus de 90 %, sont les plus nombreuses à former le 0800 30 030, suivies des services et professionnel·le·s du secteur (plus de 500 appels en journée), puis des proches des victimes (près de 400, la journée) et, enfin, des auteur·e·s (des hommes, une quarantaine lors des permanences de jour). La Ligne d’écoute est souvent la première « porte » à laquelle les victimes qui ose dévoiler leur souffrance s’adressent, puisque plus de la moitié des appels traités en journée sont des premiers appels. Les victimes dévoilent difficilement les situations de violences conjugales, ne sachant à quelle poste frapper, ni si elles seront entendues et comprises. En Wallonie, 15 488 plaintes pour violences dans le couple (physique, psychologique, sexuelle, économique) ont été enregistrées en 2016. A Bruxelles, 3 597 plaintes ont été déposées en 2016. Mais l’on sait qu’elles ne rendent pas compte de la réalité, en raison de l’importance du chiffre noir. D’après l’enquête 2014 de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union, plus d’une femme sur 3 en Belgique a subi des violences physiques et/ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans. La mise en place d’une écoute téléphonique gratuite pour les violences conjugales constitue une des mesures du plan d’action national 2015 -2019 de lutte contre les violences basées sur le genre.

Par Anne Delepine
Date: 08/03/2018 à 17:26

Dimanche après-midi, 4 mars, sur la Place Saint Lambert, face au Palais de Justice à Liège, 150 à 200 personnes s’étaient rassemblées pour rendre hommage à Oumou Tabaré Diallo, jeune liégeoise d’origine guinéenne, mère de deux enfants, assassinée par son conjoint après des violences conjugales répétées et dont le corps sans vie a été retrouvé le 14 février. L’initiative de ce rassemblement a été prise par Diaryatou Bah, qui milite contre les violences faites aux femmes, en particulier contre l’excision des petites filles. Diverses associations ont soutenu son initiative.

Le CVFE était présent à ce rassemblement, voulant témoigner son soutien à la famille d’Oumou,  et aussi "rappeler que les violences conjugales ne sont pas le fait d'une communauté, que les violences conjugales touchent une femme sur cinq en Belgique, et qu'en Europe, une femme est tuée tous les trois jours. Il y a beaucoup de raisons qui empêchent les femmes de dénoncer les violences qu'elles vivent et, parmi les raisons principales, il y a la manière dont elle va être accueillie et entendue au commissariat de police, aux urgences ... Est-ce qu'on va lui renvoyer le fait qu'elle est responsable de ce qu'elle vit ou est-ce qu'on va lui parler d'une problématique qui est sociétale et qui est mondiale?"

Kadiatou Bah, membre-fondatrice de SabouSud, une association liégeoise qui aide les enfants en Guinée a déclaré au journaliste de la RTBF : "Il faut que les femmes arrêtent de rester près de leur mari si elles sont tous les jours victimes de violences. Qu'on arrête de dire, c'est ma vie privée, je ne vais pas aller dénoncer mon mari. Non. C'est surtout les mères qui disent à leurs filles: moi, chez ton papa, j'avais subi la même chose, mais j'ai pardonné. C'est pour ça que tu es là aujourd'hui, sinon, tu ne serais pas là. Mais si on continue à subir, nos mères subissent, nous, nous subissons, et puis nos filles subissent? C'est pour cela qu'aujourd'hui on doit dire stop".

 Accédez ICI  au reportage de la RTBF.

Par Anne Delepine
Date: 06/03/2018 à 18:31

L’avant-première du film à l’occasion des 40 ans du CVFE a rencontré un franc succès !

 

jusqu'à la garde

 

« Jusqu’à la garde » de Xavier Legrand est puissant. Puissant parce qu’il nous rappelle que dans violences conjugales la violence physique n’est pas le seul moyen de domination. Les violences verbales, les menaces, le dénigrement, les contraintes psychologiques, économiques et sexuelles répétées sont autant d’armes utilisées pour porter atteinte à l’intégrité de l’autre. Puissant aussi parce qu’il nous montre combien les enfants sont affectés, victimes eux aussi, des violences entre leurs parents.

Dans ce film, Antoine, ex-mari de Miriam, utilise la garde alternée de son fils Julien, pour reprendre une position de contrôle, de menace, pour reprendre du pouvoir sur la vie de son ex-femme. Avec beaucoup de simplicité et d’intensité, on perçoit comment un homme peut mettre une tension étouffante dans les moments d’échange de garde, comment il peut culpabiliser son ex-femme des souffrances qu’il vit, comment il peut faire d’elle un objet dont il ne se dépossèdera plus.

« Jusqu’à la garde » nous montre aussi comment un père peut instrumentaliser son fils, nier ses besoins, utiliser ses désirs. Si Julien n’est pas frappé, il vit durant tout le film dans un climat d’insécurité permanent, où l’imprévisibilité des comportements de son père laisse poindre le danger à chaque minute d’un quotidien qui se voudrait banal. Julien est en prise avec l’arbitraire de son père, conscient que l’unique objectif qui l’anime est d’atteindre sa mère pour en refaire sa femme. Et ce gamin s’y refuse, il fera tout pour la protéger de son père. Loyal à sa mère, il se mettra en danger pour elle. Il acceptera d’elle aussi ses impossibilités à le protéger, ses incapacités à mettre des mots sur ce qu’ils vivent.

Nous, accompagnantes et accompagnants de femmes et enfants victimes de violences conjugales nous avons retrouvé dans le film de Xavier Legrand la finesse des stratégies de domination, la complexité des dynamiques relationnelles, ainsi que le haut degrés d’exposition des enfants. Nous avons aussi pleuré, pour Miriam et pour Julien qui pendant 1h30 ont incarnés les milliers de femmes et d’enfants que nous avons accueillis et que nous accueillons encore au CVFE.

 

Par Floriane Jammot
Date: 22/02/2018 à 14:22

Le 9 février 2018, à Saint-Nicolas, Claudine H. a été poignardée par son ex-époux contre lequel elle avait témoigné dans un dossier d’attouchements sexuels. Elle craignait cette issue.

Le 14 février 2018, à Wandre, le corps sans vie de Oumou D. a été retrouvé, enterré dans le jardin de son habitation. La jeune femme de 26 ans avait été poignardée. Son compagnon, qui nie l’avoir tuée, a été placé sous mandat d’arrêt. Elle avait deux jeunes enfants.

Le 12 février 2018, à Wandre, le corps ensanglanté de Sabrina S. a été retrouvé dans le garage de son habitation. La victime présentait de lourdes blessures au crâne. Le décès était considéré comme suspect par la justice.

Combien de femmes meurent de violence, parce qu'elles sont des femmes, en Belgique ? La réponse à cette question, qui devrait être évidente, ne l’est pas. Le blog consacré aux féminicides dans notre pays milite pour sortir ces victimes de l'oubli, leur rendre hommage, mettre des visages sur ces chiffres. Il épluche la presse, décortique les faits divers en ligne, pas toujours explicites. Il recense 39 décès de femmes en 2017 et 7 déjà pour le début de l’année 2018. Il cherche ainsi à alimenter un travail de sensibilisation sur l'ampleur et l'impact des violences machistes en Belgique et à rompre avec la banalisation du phénomène.

Si vous voulez aider dans cette tâche, contactez stopfeminicide [at] gmail [dot] com

Pour en savoir plus sur ce qu’est le féminicide, l'ONU a publié une fiche explicative.

Mais aussi, demandons-nous combien d’enfants sont exposés à cette violence, victimes ou témoins.

La Convention d’Istanbul, ratifiée par la Belgique en 2016 sur les violences faites aux femmes, accorde une grande importance aux enfants en tant que témoins mais aussi en tant que victimes. L’infraction commise à l’encontre ou en présence d’un enfant est une situation aggravante (art. 46), il.elle doit bénéficier d’une protection (art. 56) et d’un soutien spécifiques (art. 18) en tant que personne vulnérable. 

 

Par Anne Delepine
Date: 21/02/2018 à 08:56