L'appel au boycott du service communautaire pour les bénéficiaires du CPAS a été lancé par le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté et l'Association de défense des allocataires sociaux. Plus de soixante associations ont déjà signé l'appel qui dénonce le recul social que représente cette mesure votée à l'initiative du Ministre fédéral de l'Intégration sociale, Willy Borsus.

Prester gratuitement des services présente un risque très élevé de devenir une condition au maintien de l'aide financière octroyée. Même s'il est présenté comme volontaire, le service communautaire sera inclus dans un PIIS (projet individualisé d'intégration sociale), qui constitue un contrat imposé désormais à tout bénéficiaire du CPAS et assorti de sanctions possibles. Cette mesure menace le droit au revenu minimum, précarise les plus pauvres, notamment les familles monoparentales, où, dans une proportion très grande, le chef de famille est une femme. Mais aussi, elle fragilise l'emploi rémunéré dans le secteur des services aux personnes et à la communauté, sous financé et soumis à des pressions de rentabilité financière.

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L'appel à boycotter le service communautaire s'adresse aux élus locaux, aux employeurs du non-marchand, aux asbl et aux CPAS, qui font eux-mêmes partie des très nombreux organismes habilités à "offrir cette opportunité"  que constitue le travail gratuit pour les bénéficiaires du RIS.

Par Anne Delepine
Date: 20/12/2016 à 21:57

Les femmes sont depuis toujours les premières victimes des mesures discriminatoires en matière de travail et de chômage. L'exclusion du bénéfice des allocations d'insertion, la dégressivité des allocations et les dérives de plus en plus inégalitaires du fonctionnement des CPAS, tout cela relève d'un système cohérent de domination patriarcale qui cible prioritairement les femmes les plus précarisées.

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Par René Begon
Date: 16/12/2016 à 08:39

Retour sur les animations menées par les Batelières de l’Espoir ces 25, 29 novembre et 9 décembre autour de l'exposition 'Créer pour (s')oublier'  à l'Espace Wallonie de Liège

30% des femmes qui ont eu des relations de couple signalent avoir subi une forme de violence physique et/ou sexuelle de la part de leur partenaire. C’est ce que révèlent les estimations de l’OMS . La violence conjugale est aujourd’hui reconnue comme un véritable fléau social. Si elle touche doublement les femmes en situation de précarité, elle n’épargne aucune classe sociale ni aucune tranche d’âge.

Ce constat a été confirmé de manière flagrante lors de l’animation organisée par les Batelières de l’Espoir à l’Espace Wallonie de Liège. Dans le public – qu’il s’agisse d'étudiant-e-s ou de femmes issues de milieux variés – l’émotion transfigure les visages et les langues se délient.

Un défi pour les Batelières de l’Espoir.

Elles ont connu des violences conjugales mais décident de porter – en elles et envers les autres – un message d’espoir. Séparées de leur conjoint violent et sorties du cycle de la violence, les Batelières de l’Espoir se réunissent toutes les semaines au CVFE, afin de s’encourager et de se renforcer mutuellement dans le parcours escarpé de la reconstruction de soi. Intégrer ce groupe d'Education permanente leur a permis de prendre le chemin d’une émancipation durable en y puisant force, écoute, soutien. Elles ont construit avec et par le groupe un savoir sur la société et les rapports de domination capable d’expliquer les racines de cette violence et de briser ses rouages.

Lorsque le Service public de Wallonie, dans le cadre de la Journée internationale de Lutte contre les Violences faites aux Femmes, et de la Campagne du Ruban blanc a proposé aux Batelières de mettre en place une activité autour de l’exposition 'Créer pour (s')oublier' , ce fut pour le groupe d’un vrai challenge : dépasser le repli sur soi pour prendre la parole en public, troquer la casquette d’animées pour celle d’animatrices, assumer devant des regards inconnus une expérience douloureuse pour permettre à d’autres d’en sortir ou de s’en prémunir.

Déroulement des animations

D'abord, visite de l’exposition des dessins et des textes d' Emilie Ringlet, jeune illustratrice, elle-même victime de violence conjugale : les tableaux évoquent les différentes étapes du cycle de la violence conjugale, ses effets et ses conséquences. Ensuite, les participant-e-s étaient invité-e-s à exprimer les ressentis que ces illustrations suscitent en eux/elles.

L’occasion de créer un premier contact entre les Batelières et le public – contact, dès le départ, chargé d’émotion. Certaines femmes dans le public ont pu affirmer : "J’ai fondu en larmes dès le premier tableau…je pense que je suis passée par tous les tableaux…cela m’a ramenée à mon passé, je me suis rendue compte de la force que j’ai eu…". D’autres ont reproché à l’exposition de ne pas assez insister sur la guérison et la reconstruction.

Ensuite commence l’intervention des Batelières. Debout, haut et fort, elles ont entonné une chanson, une ode à leur rencontre : « J’ai rencontré des femmes formidables, des femmes qui ont changé leur destin, des femmes qui ont rassemblé toutes leurs ressources, des femmes qui ont choisi de bouleverser leur route…».

Les participantes ont ensuite été invitées à participer à un jeu de dominos sur le thème de la violence intrafamiliale. Ce jeu inédit, inventé par les Batelières, agence diverses cartes évoquant une caractéristique de la violence conjugale (effets, conséquences, causes, portes de sortie). Il envisage les allers-retours et multiples chemins qui peuvent être mis en place pour sortir de la violence intrafamiliale. Chaque carte posée est une opportunité pour la joueuse de s’exprimer sur le thème abordé, tandis que collectivement, par association des cartes les unes aux autres, des chemins de sortie de la violence sont progressivement mis au jour.

Les Batelières ont pris le rôle de 'maîtresses' du jeu, permettant à chacun-e de prendre part à la discussion et de s’exprimer librement.

Une mission de sensibilisation réussie!

A chaque fois, quel que soit le profil des groupes, l’échange s’est révélé extrêmement riche et la sensibilisation efficace. Les Batelières ont su créer la rencontre et le dialogue avec les plus jeunes et avec certaines femmes qui ont osé parler d’un vécu de violence conjugale (dans leur propre couple, ou dans leur entourage) qu’elles gardaient secret.

Chapeau bas aux Batelières donc! A travers cette animation, elles se sont donné les moyens de prendre une belle revanche sur leur passé, et de révéler leur puissance d’agir en passant du statut de « victimes » à celui de guides, maîtresses du jeu et de leur vie.

Par Anonyme
Date: 15/12/2016 à 11:26

La Commission Femmes et Ville s'invite au Conseil communal à l'occasion des 15 ans de la Charte communale pour l'Egalité

Pour le quinzième anniversaire de la Charte de l'Egalité hommes-femmes, la Commission Femmes et Ville a offert aux membres du Conseil communal un cadeau spécial : un T-shirt marqué d'un slogan engagé en faveur de l'Egalité Femmes/Hommes, que les moins frileux.ses ont enfilé immédiatement !

En adoptant la Charte pour l'Egalité entre les femmes et les hommes le 17 décembre 2001, le Conseil communal a signifié sa volonté de s’engager concrètement en faveur d’une commune plus citoyenne, qui prenne en compte l’ensemble de ses habitant-e-s dans leur diversité, œuvrant ainsi pour que l’égalité devienne une réalité.

Dans la foulée, en février 2005, la Commission Femmes et Ville a été mise en place. Elle a de nombreuses réalisations à son actif.

Le CVFE est membre de la commission « Femmes et Ville ».

On trouvera quelques articles qui concernent la commission « Femmes et Ville » sur notre site :

  • Une présentation de la Commission "Femmes et Ville". Lire
  • Un article sur les « marches exploratoires liégeoises ». Lire
  • Un article sur l'insécurité au féminin. Lire
Par Anne Delepine
Date: 12/12/2016 à 21:01

visite Isabelle SimonisEn visite au CVFE à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, la Ministre des Droits des Femmes, Isabelle Simonis, a écouté attentivement les témoignages des Batelières de l’Espoir, un groupe d'éducation permanente qui réunit des femmes concernées. Plusieurs ont évoqué leurs parcours de combattantes pour sortir de la violence qui a déferlé sur elles dans le secret du privé.

G. "Je suis pensionnée, j’ai subi des violences pendant des années. J'ai élevé mes enfants et maintenant je vis seule. J’ai peu de moyens, c’était difficile pour moi de sortir de l’isolement et de donner un but à ma vie. Aujourd’hui, je participe à toutes les réunions des Batelières de l’Espoir, au CVFE. Nous discutons, nous menons des actions pour sensibiliser d’autres femmes, nous sommes plus fortes ensemble. Il faut combattre les violences conjugales sans répit."

H. "J’ai été enfermée pendant plusieurs années. Emmenée à l’hôpital suite à des violences graves, j’ai quitté mon conjoint et je me suis retrouvée sans droit avec ma fille de 6 ans. Il avait gardé mes papiers sans faire aucune démarche. Sans ressource, j’ai beaucoup souffert et j’ai souffert en tant que maman. Sans rien, comment aider son enfant ? Des personnes avec du cœur m’ont soutenue, et j’ai trouvé le Refuge de Liège. J’ai rencontré beaucoup de difficultés administratives, mes démarches ont duré des mois, plusieurs années … Aujourd’hui, j’ai un logement, les allocations familiales, je travaille. Je fais partie des Batelières de l’Espoir. Je viens souvent; le Refuge, c’est comme ma famille."

I. "Après les violences et le séjour au Refuge, je me suis installée seule et j’ai voulu travailler. J’ai suivi une formation, j’ai trouvé un emploi. Mais les violences conjugales m’avaient beaucoup fragilisée. Dans certaines situations professionnelles, je m’écroulais. J’ai rencontré un autre homme. Il a été également violent avec moi. Je l’ai quitté. Je voudrais encore me former pour me renforcer et trouver un emploi. Je n’ai plus droit à des formations. Je m’implique avec le groupe des Batelières de l’Espoir. Cela me donne de la force et je peux parler sans honte et sans crainte de ce que j’ai vécu."

Double violence pour les victimes migrantes

Les responsables de l'asbl ont souligné la très grande précarité dans laquelle se retrouvent les femmes migrantes, victimes de violences conjugales, en grande dépendance vis-à-vis de leur conjoint.  Souvent, elles n’ont pas de choix réel entre subir les violences au péril de leur vie ou perdre tous leurs droits. On parle à leur sujet de double violence. Sans ressource, sans papier, les femmes migrantes en danger n’ont pas accès aux maisons d’accueil sauf de rares exceptions telles que le Refuge. Elles sont brutalement désillusionnées à propos de l’Europe qui n’est pas la terre de liberté et d’égalité pour les femmes qu’elles imaginaient.

La violence existe dans tous les milieux 

La Ministre a déclaré que la violence existe dans tous les milieux et que cela montre la persistance des inégalités dans nos sociétés.  La violence machiste vise toutes les femmes et elle doit être dénoncée et combattue fermement. La Ministre a dégagé un budget spécifique dédié à la lutte contre ces violences. Elle a décidé de financer une ligne gratuite SOS Viol, qui n’existait pas encore malgré l’importance avérée du nombre de viols en Belgique. Elle a également expliqué sa politique de consultation des femmes via l’assemblée participative Alter Egales, dans laquelle s’impliquent nombre d’associations féministes et associations de femmes. La Ministre compte déposer prochainement un projet de Décret-cadre visant à agréer les opérateurs privés spécialisés relevant des compétences communautaires en matière de lutte contre les violences intrafamiliales.

Les moyens pour protéger et soutenir les victimes sont trop précaires.

Les membres du personnel ont expliqué comment fonctionnent les différents services mis en place par le CVFE : l’hébergement, bien sûr, en urgence et avec les enfants, et les services hors hébergement (consultations juridiques et psychosociales), l’aide au relogement, les activités de soutien post hébergement, les formations professionnelles, la crèche de quartier, à quoi il faut ajouter la sensibilisation et la formation des professionnels de première ligne et les activités d’éducation permanente…

Un éducateur a souligné l’importance du travail mené avec chaque enfant hébergé. Des spécialistes comparent les vécus des enfants exposés aux violences conjugales à des traumatismes de guerre. Le financement de l’accompagnement des enfants au Refuge est menacé par la sixième réforme de l’Etat.

Les gestionnaires ont évoqué la précarité générale des financements de l’asbl. Les maintenir exige un travail inouï pour pouvoir assurer la protection des femmes et les soutenir dans leur reconstruction.

Sur le plan politique, ça bouge!

Le 25 novembre, rappelons-le encore, c’est la Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. A cette occasion, les trois Ministres francophones de l’Egalité des Chances ont lancé une grande campagne de sensibilisation. Cette campagne annuelle fait partie d’un Plan de lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales coordonné au niveau intrafrancophone. Il existe aussi un Plan au niveau fédéral belge. Enfin, la Belgique a signé en 2016 la Convention d’Istanbul, un traité historique au niveau européen qui ouvre la voie à un cadre juridique pour protéger les femmes contre toutes les formes de violences et contre la violence domestique.

Par Anne Delepine
Date: 26/11/2016 à 12:01