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Qu’arriverait-il si toutes les femmes battues se faisaient justice elles-mêmes ?     

Cette fausse crainte  a fait surgir un débat en France au moment de la condamnation de Jacqueline Sauvage et de la grâce présidentielle qui lui a été accordée fin 2016. 

Un projet de loi sur  la légitime défense différée dans les situations de violence conjugale  a été proposé.  Il s’appuie sur le syndrome de la femme battue, état psychologique lié à la répétition des violences, qui devrait être attesté par une expertise psychiatrique. Souvent cité en référence dans les médias français, le droit canadien propose tout autre chose, qui tient compte du risque que le syndrome de la femme battue, lorsqu’il est invoqué comme preuve, soit présenté comme une forme de désordre psychologique et ne puisse pas servir de preuve pour des femmes qui ne correspondent pas à ce stéréotype.

Comparer la proposition de loi française aux dispositions contenues dans le droit canadien est éclairant. On évitera ainsi de tomber dans une ornière en opposant des slogans rudimentaires qui qualifient la légitime défense différée de ‘permis de survivre’ ou de ‘permis de tuer’.

Lire notre analyse à ce sujet .

 Sans oublier que, parmi les homicides conjugaux, les femmes tuées par un partenaire violent sont beaucoup plus nombreuses que les hommes tués par leur conjointe. 

C’est l’occasion de rappeler  l'existence d'un blog qui recense les féminicides en Belgique.

Ce blog, mis en ligne pour pallier l'insuffisance des mesures politiques et l'invisibilité des homicides conjugaux, est l'initiative d'une plateforme à laquelle participe le CVFE

Depuis le début de cette année, 8 décès de femmes victimes des coups de leur partenaire y ont été recensés. C'est énorme.