Version imprimable

Fin avril, la FGTB wallonne a rendu publics les chiffres des personnes exclues des allocations d'insertion durant les neuf premiers mois de l'année 2015. Dans un entretien à Bel-RTL, Thierry Bodson, secrétaire général de l'Interrégionale wallonne de la FGTB, résume la situation, très négative pour la Wallonie et pour les femmes: "La première décision prise par le gouvernement précédent (c'est-à-dire Di Rupo), c’est trois ans maximum d’allocations d’insertion lorsque l’on n’a pas eu assez de journées de travail. On constate aujourd’hui que 2/3 des exclus sont wallons et 2/3 des exclus sont des femmes, surtout celles qui ont travaillé à temps partiel souvent pendant des années".

Quant aux chiffres globaux, ils font froid dans le dos: «42.000 aujourd’hui non-admission et exclusion confondues puisqu’il y a en effet 30.000 exclusions en date d’aujourd’hui, et il y en aura certainement encore 15.000 et 20.000 durant 2016, et il faut rajouter à ces exclusions tous les non admis sur base des décisions qui ont été prises par la suite par le gouvernement de Charles Michel. Donc, quand on fait le total aujourd’hui, c’est assez simple. En 2014, il y avait 91.000 indemnisations et aujourd’hui il y en a environ 49.000. Le calcul est donc vite fait.»

Cela signifie donc que, sur les 42.000 exclusions de l'année 2015, il y a 28.000 femmes.

Comme le rappelle par ailleurs le syndicaliste dans La Libre Belgique, le gouvernement Michel s'est en plus attaqué aux jeunes: " la "suédoise" a encore durci les critères d’admission en exigeant un diplôme pour les moins de 21 ans et en abaissant l’âge maximal pour bénéficier des allocations d’insertion de 30 à 25 ans". Résultat, selon la FGTB : chaque année, entre 10 000 et 15 000 jeunes qui auraient pu auparavant bénéficier des allocations en seront privés".

L'article de La Libre est complété par une carte interactive qui montre que les communes les plus touchées par les mesures d'exclusion sont concentrées dans le sillon industriel, du Borinage jusqu'à Verviers, en passant par Charleroi et Liège.

On voit donc clairement que ces mesures rajoutent de l'exclusion à la précarité préexistante pour les Wallons, pour les femmes et pour les jeunes, tout en transférant la charge budgétaire sur les CPAS des communes les plus pauvres.