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Nos activités d'éducation permanentes s'articulent autour de thématiques qui constituent des enjeux essentiels dans la vie des femmes:

- la violence entre partenaires,

- l'égalité entre les femmes et les hommes, 

- les exclusions socio-économiques et culturelles.

  • La violence conjugale et intrafamiliale

Les femmes constituent la majorité des victimes de la violence entre partenaires. Cette forme de violence touche les autres membres de la famille, surtout les enfants et l'entourage. Elle fait partie du continuum des violences faites aux femmes et elle est définie par les textes internationaux comme une violence de genre, découlant d'une position inégalitaire des femmes dans la plupart des sociétés. (notamment la Convention Istanbul: lire notre analyse 2015 à son propos).

Le Collectif a une approche globale et apporte plusieurs types de réponses aux besoins des femmes victimes de violences et des enfants qui y sont exposés, à découvrir dans une autre section du site. Le Collectif  agit en amont pour un changement des mentalités et une transformation sociale. Il oeuvre pour que les femmes aient accès à plus d'autonomie.

En éducation permanente, les femmes sont invitées à participer à des projets, à des groupes de réflexion, à des créations collectives, à des manifestations publiques, qui sont autant d'occasions d'apprendre par soi-même les fondements de la citoyenneté, d'analyser de façon critique le fonctionnement de la société, de nommer les injustices, de s'exprimer publiquement, de comprendre les mécanismes de la domination, d'expérimenter la solidarité, de trouver ensemble ce qui peut constituer les ingrédients d'une vie digne.

  • L’égalité femmes/hommes

Que signifient concrètement les inégalités dont pâtissent les femmes en tant que catégorie sociale?

- Les différences qui persistent entre hommes et femmes pour l'accès au marché du travail, à l'épanouissement professionnel et à l'autonomie financière,

- L'absence de mixité aux niveaux de pouvoirs hiérarchiques politiques ou économiques,

- Les difficultés à gérer la conciliation entre les charges endossées au niveau familial et les activités à l'extérieur, qu'elles soient professionnelles, d'intérêt public ou de loisirs,

- Les violences réelles et symboliques qui légitiment le maintien d'un grand nombre de femmes dans des rôles où elles sont subalternes, exploitées, soumises,

- Les inégalités d'accès aux droits.

Les activités d'éducation permanente proposées par le CVFE à ses publics sont des occasions d'analyser de façon critique les stéréotypes de genre, les discriminations basées sur le sexe, les idées répandues de l'"égalité-déjà-là" et du "féminisme qui est allé trop loin", pour construire une analyse collective propice à l'émancipation des femmes.

  • Les exclusions socio-économiques et culturelles

De plus en plus de gens en situation de grande vulnérabilité et de précarité en arrivent à perdre progressivement leur citoyenneté et se trouvent "déclassés" ou "disqualifiés". Notamment, mais pas uniquement, à la suite de l'apparition d'un chômage de masse. Conséquences pour ceux qui sont dépossédés de cette figure forte d'intégration dans la société industrielle qu'est la participation au marché du travail: perte de repères sociaux,  sentiment d'isolement et d'exclusion.

Toujours plus vite et plus profondément fragilisées que les hommes, toujours plus facilement concernées par la précarité et la vulnérabilité, les femmes sont particulièrement menacées par l'exclusion socio-économique et culturelle. Elles connaissent plus que les hommes le risque de pauvreté. Elles constituent plus de 85% des familles monoparentales. Elles ont la majorité des contrats à temps partiels et des contrats atypiques. Elles ont les moins bons salaires et, par conséquent, les plus petites pensions. Elles ont un moindre accès au temps libre et aux loisirs. La violence conjugale ne les expose pas seulement aux coups et aux humiliations, elle les précipite également dans la précarité, l'isolement, les difficultés de logement. Pour bon nombre de femmes, les facteurs de marginalisation se cumulent : migrantes, âgées, handicapées, sans revenu, etc.

Le CVFE propose aux femmes des activités collectives qui s'orientent vers des projets créatifs : en groupe, les femmes reprennent du pouvoir sur leur vie, elles augmentent leurs "capabilités fertiles", c'est-à-dire leurs possibilités de fonctionner pour se créer une vie digne, selon les critères qu'elles auront elles-mêmes choisis. Ensemble, et à travers l'apprentissage de la solidarité et de l'action collective, en utilisant les nouveaux outils technologiques, par le biais de certaines formes culturelles comme l'artivisme, la création théatrale, l'écriture, la peinture, la danse, elles peuvent porter dans l'espace public, faire voir et entendre leurs exigences d'une société plus démocratique, d'une démocratie qui inclut toutes les femmes et reconnaît leurs droits.

  • Ce qui traverse nos thématiques : l'analyse de genre

Issue de la réflexion de féministes d’Amérique du Nord relayant celle de Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe (1948), la notion de genre (en anglais, gender) se fonde sur la constatation selon laquelle, parallèlement aux différences biologiques existant entre les femmes et les hommes (différences de sexe), les femmes et les hommes occupent un « positionnement » différent dans la société. Cette différence de position sociale repose sur deux principes : le principe de « séparation » et le principe de « hiérarchie ».

Le principe de séparation souligne le fait que les deux sexes exercent des compétences, réalisent des tâches et pratiquent des métiers qui leur sont spécifiques. Le principe de hiérarchie exprime, quant à lui, le fait que la société patriarcale qui est la nôtre est le lieu d’un certain nombre de « survalorisations » et de « dévalorisations » concernant les sexes : elle « survalorise » le masculin au détriment du féminin, la sphère professionnelle au détriment de la sphère domestique. Elle « dévalorise » les métiers féminins au profit des métiers masculins, notamment à travers le phénomène de féminisation des métiers, selon lequel un métier qui se féminise perd de sa valeur symbolique ou de son prestige social (les métiers d’instituteur, d’avocat, de médecin généraliste, pour citer quelques exemples).

Un questionnement en terme de genre consiste à s’interroger sur la légitimité des principes de « séparation » et de « hiérarchie » et, dès lors, sur les « processus de construction sociale des valeurs, des normes, des stéréotypes », ainsi que sur les « modalités de socialisation » qui conditionnent les manières de penser et les conceptions concernant les deux sexes. Ce type de réflexion fait apparaître que ces conceptions différenciées des sexes ne sont pas seulement « naturelles », mais aussi « artificielles », c’est-à-dire qu’elles sont le fruit d’une « construction sociale ». La structuration sociale qui est convoquée dans ce cas est liée aux « rapports sociaux de sexe », c’est-à-dire à la domination d’un sexe sur l’autre, laquelle se manifeste, entre autres choses, par la division sexuée des tâches à l’intérieur du ménage.

D’après Cornet (Annie), Laufer (J.), Belghiti (S.), Genre et GRH : les défis de l’égalité hommes-femmes, Paris, Vuibert, 2008.