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Dans le cadre de la "conférence de consensus" menée fin 2011 sur le thème de la prostitution, le CVFE a organisé une journée publique de discussion, le 13 décembre 2011, à la salle du Verbois (CESRW).

A l'initiative de l'Assemblée générale du CVFE, un groupe de travail s’est constitué en septembre 2011 au sein du personnel pour émettre un avis sur la question de la prostitution. Cette question s’est imposée dans l’actualité liégeoise, fin 2010-Début  2011, à la suite de l’introduction par le collège communal d’un projet d’ErosCenter à construire dans le quartier des Guillemins, l’un des principaux lieux de regroupement traditionnel des activités de prostitution à Liège.

La commission consultative communale « Femmes et Ville », au sein de laquelle siègent deux représentantes du CVFE, s’était déjà penchée sur le sujet et avait émis un avis négatif sur l’opportunité d’ériger un complexe hôtelier consacré à l’activité prostitutionnelle à Liège.

De quoi s’agissait-il ? De construire un bâtiment regroupant une centaine de « salons » proposés à la location pour des activités prostitutionnelles à un prix relativement abordable. Ce complexe aurait été construit sous la responsabilité d’une asbl regroupant des représentants de la ville de Liège, ainsi que des membres du réseau associatif des organisations de soutien aux prostituées. La ville aurait accordé à l’asbl sa garantie pour effectuer un prêt bancaire afin de mener à bien la construction du complexe et aurait confié à l’asbl par un bail emphytéotique un terrain sur lequel construire le bâtiment.

Le personnel du CVFE s’est senti fortement interpellé par ce projet impliquant de manière visible les pouvoirs publics dans la mise en œuvre d’un lieu réservé exclusivement à l’exercice de la prostitution. Au-delà de la question d’opportunité, consistant à se demander si c’était bien la mission du pouvoir communal d’organiser l’exercice de la prostitution, le personnel du CVFE, œuvrant aux cotés des femmes en difficulté depuis plus de trente ans, a considéré que la formulation d’un avis raisonné sur la question de la prostitution devenait un enjeu important à partir du moment où le pouvoir communal s’estimait fondé à organiser lui-même l’exercice de l’activité prostitutionnelle dans la ville où le CVFE accueille des femmes victimes de violence conjugale, dont certaines ont parfois une activité dans le domaine de la prostitution.

La journée publique du 13 décembre 2011Pour élaborer un projet d’avis à soumettre à l’assemblée générale de l’association, le CVFE a choisi la méthode de la "conférence de consensus". Celle-ci consiste à rassembler, durant plusieurs journées de travail, un certain nombre de membres du personnel intéressés par le problème (groupe qu’on appelle le « jury »), de demander d’abord à ce groupe d’élaborer des questions à poser à des experts de la question, de rassembler, dans un deuxième temps, le jury, les experts et un public pour prendre connaissance des réponses fournies par les experts et, enfin, de réunir le jury à huis clos pour élaborer collectivement un avis sur le problème envisagé.

La journée organisée le 13 décembre 2011 dans les locaux du CESRW, au Vertbois, a constitué le troisième temps, public, de cette conférence. Au programme: des experts liés au terrain (prostituées, travailleurs sociaux, militantes féministes, représentant-e-s d'associations d'aide aux prostitué-e-s) et des spécialistes indépendants (criminologue, anthropologue, sexologue, philosophe) répondent aux questions qui ont été élaborées par le "jury" constitué de membres du personnel du CVFE.

L'étude annuelle produite par le CVFE a également pris pour thème la prostitution: Prostitution: mise en examen. Pour mieux comprendre un système et ses enjeux Lire